Le Coq Sportif “redressement judiciaire” : décision du 4 juillet 2025, reprise et plan de relance

Vous avez vu passer l’information : Le Coq Sportif a été placé en redressement judiciaire fin 2024. Depuis, le tribunal de commerce de Paris a tranché le 4 juillet 2025, retenant l’offre de Dan Mamane pour reprendre l’équipementier français. Mais concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour vous, client fidèle, employé ou partenaire commercial ? Cet article fait le point sur les dates essentielles, le plan de reprise et les changements à attendre dans les mois qui viennent.

En résumé

  • Le Coq Sportif a été placé en redressement judiciaire le 21 novembre 2024, avec période d’observation de six mois.
  • Le tribunal a validé l’offre de Dan Mamane le 4 juillet 2025, prévoyant 70 M€ d’apports frais.
  • Entre 89 et 94 suppressions de postes sont annoncées, mais 201 emplois sont maintenus sur 310 en France.
  • Le site de Romilly-sur-Seine reste le cœur industriel ; la continuité des collections, SAV et réseau est garantie.

Dernière mise à jour : 27 octobre 2025

Le Coq Sportif est-il en redressement judiciaire ?

Oui, l’équipementier a été placé en redressement judiciaire le 21 novembre 2024 par le tribunal des activités économiques de Paris, après une audience qui a confirmé l’ouverture d’une procédure avec période d’observation de six mois. Cette décision fait suite à des pertes financières lourdes – près de 80 millions d’euros cumulés sur quatre ans pour la principale entité LCSI – et à une impasse de trésorerie imminente dès décembre 2024, malgré la visibilité offerte par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.

Le redressement judiciaire français permet de protéger l’entreprise le temps de réorganiser ses dettes, de négocier avec les créanciers et de trouver un repreneur capable de garantir la continuité d’exploitation et la sauvegarde des emplois. Pendant cette période, l’activité s’est poursuivie normalement : les collections ont été livrées, les boutiques sont restées ouvertes, et le SAV a continué à fonctionner sous la protection du tribunal.

Qu’est-ce que cela change au quotidien ?

  • Pour les clients : aucune interruption ; achats en ligne, magasins et garanties produits restent actifs.
  • Pour les salariés : maintien des contrats de travail durant la procédure, sous réserve du plan social validé.
  • Pour les fournisseurs : négociation des créances dans le cadre du plan de reprise pour assurer la relance.

Chronologie officielle : de l’ouverture à la décision du 4 juillet 2025

Voici la frise des jalons-clés qui ont ponctué cette restructuration, de l’annonce du placement en redressement judiciaire jusqu’à la décision du tribunal retenant l’offre de Dan Mamane.

  • 21 novembre 2024 : ouverture de la procédure de redressement judiciaire avec période d’observation de six mois par le tribunal des activités économiques de Paris.
  • Décembre 2024 : identification d’une impasse de trésorerie imminente ; début des discussions avec investisseurs potentiels.
  • Mars 2025 : deux repreneurs se manifestent officiellement : un consortium soutenu par Xavier Niel, Teddy Riner et Iconix ; Dan Mamane avec le fonds Mirabaud Patrimoine Vivant.
  • 30 mars 2025 : la région Grand Est accepte d’annuler 50 % de ses créances (1,2 M€) pour faciliter la reprise et garantir le maintien du site de Romilly.
  • Mai 2025 : dépôt formel des offres de reprise auprès du tribunal ; instruction par les administrateurs judiciaires.
  • 4 juillet 2025 : jugement du tribunal retenant l’offre de Dan Mamane, avec un plan d’apports de 70 M€ et entre 89 et 94 suppressions de postes.
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Ce qui a été décidé le 4 juillet 2025

ÉlémentDétails
Repreneur retenuDan Mamane via sa holding Made 2 Design, avec plus de 50 % du capital
Apports financiers70 M€ au total : 50 M€ en première tranche, 20 M€ pour rembourser les créanciers
Emplois maintenus201 postes sauvegardés (14 créations nettes), avec 81 à 86 CDI supprimés
Site industrielRomilly-sur-Seine conservé comme cœur de production ; fermeture bureaux Paris et Strasbourg
Offre concurrenteConsortium Xavier Niel / Teddy Riner / Iconix écarté malgré 60 M€ d’investissement annoncé

Qui reprend la marque et avec quel plan ?

Le tribunal a retenu l’offre de Dan Mamane, entrepreneur franco-suisse notamment connu pour avoir repris puis revendu Conforama Suisse. Il prend le contrôle de l’équipementier via sa holding Made 2 Design, qui détiendra plus de 50 % du capital, avec le soutien du fonds Mirabaud Patrimoine Vivant et de partenaires industriels, dont Alexandre Fauvet, ex-dirigeant de Fusalp.

L’offre prévoit une enveloppe totale de 70 millions d’euros, répartie en deux temps : 50 M€ injectés dans un premier temps pour le redémarrage (outil industriel, réorganisation des équipes, refonte logistique et commerciale), et 20 M€ destinés à rembourser une partie des dettes, notamment auprès des sous-traitants et créanciers publics. Dan Mamane a déclaré qu’il s’agissait d’un « chantier titanesque » nécessitant de « reconstruire toute l’entreprise ».

Axes stratégiques du plan de retournement

  • Capitaux frais : injection de 50 M€ pour relancer la production et moderniser les outils logistiques.
  • Assainissement du bilan : apurement de 20 M€ de dettes auprès des créanciers publics et privés, avec annulation partielle par la région Grand Est.
  • Gouvernance : nouvelle direction opérationnelle sous Dan Mamane ; Alexandre Fauvet apporte son expertise retail et montée en gamme.
  • Maintien industriel : Romilly-sur-Seine confirmé comme site de production principal, préservant le savoir-faire textile français.

Conseil de pro

Je vois régulièrement des entreprises patrimoniales sous-estimer le temps et les moyens nécessaires pour redresser une marque endettée. Ici, Dan Mamane a pris le risque d’écarter une offre plus « institutionnelle » pour miser sur une vision entrepreneuriale. C’est un pari audacieux, mais qui peut redonner de l’agilité à une structure rigidifiée.

[IMAGE – Portrait de Dan Mamane lors de la conférence de presse annonçant la reprise, devant le logo Le Coq Sportif]

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Emplois, sites et continuité opérationnelle

Le plan social validé par le tribunal prévoit entre 89 et 94 suppressions de postes, dont 81 à 86 CDI, après la création de 14 nouveaux postes. Au total, 201 emplois sont maintenus sur les 310 que comptait Le Coq Sportif en France fin 2024 (359 au niveau du groupe). Les suppressions concernent principalement les bureaux de Paris et Strasbourg, ainsi que plusieurs magasins, tandis que la production à Romilly-sur-Seine est préservée.

Le site de Romilly-sur-Seine, berceau historique de la marque dans l’Aube, reste le cœur industriel du dispositif. C’est là que sont confectionnées les collections techniques et les pièces « Made in France » qui font la fierté de l’équipementier. Le soutien de l’État et de la région Grand Est a joué un rôle déterminant dans le choix du tribunal : le plan Mamane garantit le maintien de ce site et offre un meilleur traitement aux créanciers publics.

Continuité des collections, SAV et distribution

  • Collections : les gammes printemps-été 2026 et automne-hiver 2026 sont en cours de préparation ; aucune interruption annoncée.
  • Service après-vente : maintenu dans toutes les boutiques et en ligne ; garanties produits honorées normalement.
  • Réseau de distribution : les magasins en propre et corners sont conservés, sauf fermetures ciblées ; les partenaires wholesale (multimarques, sport) poursuivent leur collaboration.
  • E-commerce : le site lecoqsportif.com continue de fonctionner ; investissements prévus dans le digital et le direct-to-consumer (DTC).

À retenir

Si vous êtes salarié concerné par le plan social, rapprochez-vous rapidement de vos représentants du personnel et d’un avocat spécialisé en droit du travail. Les mesures d’accompagnement (reclassement, indemnités supra-légales, formation) doivent être négociées dès maintenant.

Feuille de route 12–24 mois : produit, distribution, international

Dan Mamane vise un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros à horizon 2030 et un retour à une rentabilité soutenue, contre un CA d’environ 150 M€ avant la crise. Pour y parvenir, le plan mise sur quatre leviers stratégiques : repositionnement produit, sélectivité retail, développement e-commerce et montée en gamme à l’international.

Repositionnement produit

  • Montée en gamme : repositionnement prix autour de 80–150 € pour les pièces premium, contre 50–100 € auparavant.
  • Renforcement du « Made in France » : valorisation du site de Romilly et des savoir-faire techniques (maille, broderie).
  • Innovation matières : partenariats avec des fournisseurs européens pour des textiles recyclés et biosourcés.
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Sélectivité retail et e-commerce

  • Fermeture de points de vente non rentables : Paris, Strasbourg et certains corners ; concentration sur les magasins à fort trafic.
  • Refonte logistique : investissement dans un nouvel outil pour accélérer les livraisons et optimiser les stocks.
  • Direct-to-consumer (DTC) : ambition de porter le DTC à 40 % du CA total d’ici 2027, contre 25 % aujourd’hui.

Ambitions export et international

  • Asie-Pacifique : relance en Chine et Japon via des partenariats avec des distributeurs locaux spécialisés dans le « French lifestyle ».
  • Amérique du Nord : développement de licences ciblées et présence sur des marketplaces premium (Nordstrom, Saks).
  • Europe : consolidation des marchés historiques (Italie, Espagne) et expansion en Europe du Nord.

Objectifs vs engagements fermes

ÉlémentNatureÉchéance
CA 300 M€Objectif2030
Retour à l’équilibreObjectif2026
70 M€ d’apportsEngagement ferme2025
Maintien de RomillyEngagement fermeValidé par le tribunal
DTC 40 % du CAObjectif2027

Questions fréquentes (FAQ)

Quand Le Coq Sportif a-t-il été placé en redressement judiciaire ?

Le 21 novembre 2024, le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé l’ouverture de la procédure avec période d’observation de six mois.

Qui a été retenu pour reprendre l’équipementier ?

Dan Mamane, entrepreneur franco-suisse, via sa holding Made 2 Design, avec le soutien du fonds Mirabaud Patrimoine Vivant et d’Alexandre Fauvet.

Combien d’argent frais sont injectés ?

70 millions d’euros au total : 50 M€ pour le redémarrage opérationnel et 20 M€ pour apurer une partie des dettes auprès des créanciers.

Les emplois sont-ils préservés ?

201 postes sont maintenus sur 310 en France, avec entre 89 et 94 suppressions dont 81 à 86 CDI, après création de 14 nouveaux postes.

Le réseau de magasins continue-t-il ?

Oui, les boutiques et le site e-commerce restent ouverts. Seuls les points de vente non rentables (Paris, Strasbourg, certains corners) seront fermés.

Qu’en est-il du site de Romilly-sur-Seine ?

Il reste le cœur industriel de la marque, préservé dans le cadre du plan de reprise avec le soutien de l’État et de la région Grand Est.

Sources officielles et mises à jour

Pour suivre l’évolution de la situation, consultez les sources suivantes :

  • Décision du tribunal : jugement du 4 juillet 2025 du tribunal des activités économiques de Paris.
  • Communiqués officiels : Airesis (ancienne maison mère) et Dan Mamane / Made 2 Design.
  • Médias de référence : Le Monde, L’Équipe, Capital, Sport Business.
  • Données publiques : bulletins officiels des annonces civiles et commerciales (BODACC), registre du commerce.

Dernière mise à jour

29 octobre 2025 : Dan Mamane poursuit la restructuration opérationnelle ; les premières collections sous la nouvelle gouvernance sont en cours de lancement. Le CA du troisième trimestre 2025 affiche une légère reprise, et l’objectif de retour à l’équilibre en 2026 reste maintenu. Les négociations avec les équipes olympiques françaises pour de futurs partenariats sont en cours.

Si vous êtes client, partenaire ou salarié de Le Coq Sportif, restez attentif aux communications officielles et n’hésitez pas à solliciter les services RH ou SAV pour toute question pratique. La restructuration de l’équipementier montre qu’un redressement judiciaire peut déboucher sur une relance durable, à condition de respecter les jalons financiers et de mobiliser les bons acteurs. N’attendez jamais le dernier moment pour sécuriser vos droits – qu’il s’agisse de créances, de contrats de travail ou de garanties commerciales.

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Thomas Berland

Thomas Berland accompagne depuis plus de 10 ans des dirigeants de TPE/PME dans leurs prises de décision stratégiques, juridiques et fiscales. Entre entrepreneuriat, restructuration d’entreprise et optimisation financière, il partage sur A2JZ des conseils concrets et des décryptages utiles pour les pros. Son objectif : rendre accessibles les notions complexes du monde business à tous ceux qui veulent entreprendre efficacement.

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