Prélèvement bancaire de 108 euros sur votre compte : d’où ça vient et comment vérifier

L’essentiel

  • Dans la grande majorité des cas, un prélèvement bancaire de 108 euros correspond à la mensualisation de votre taxe foncière prélevée par la DGFiP.
  • Le libellé bancaire attendu est « DGFiP » ou « Impôts Locaux » — comparez-le à votre avis d’imposition.
  • Un montant proche de 108 €, prélevé entre janvier et octobre, est cohérent avec un impôt annuel d’environ 1 080 €.
  • Sans ce libellé, ou en cas de doute, votre banque peut identifier le créancier à partir de la référence du mandat SEPA.

Vous venez de repérer un prélèvement bancaire de 108 euros sur votre relevé, et vous ne savez pas d’où il vient. Dans la grande majorité des cas, ce montant correspond à la mensualisation de votre taxe foncière, prélevée automatiquement par la DGFiP. Il peut aussi s’agir d’un abonnement ou d’une assurance : le moyen le plus rapide de trancher est de vérifier le libellé exact sur votre relevé bancaire.

Concrètement, ce document vous donne la méthode pour identifier l’origine de ce prélèvement, comprendre pourquoi le montant varie d’un propriétaire à l’autre, et reconnaître les signes qui doivent vous alerter si le débit n’est pas légitime.

Pourquoi 108 euros apparaissent sur votre relevé : la mensualisation de la taxe foncière

La DGFiP, la Direction Générale des Finances Publiques, prélève chaque mois les propriétaires ayant opté pour la mensualisation de leur taxe foncière — ou de la taxe d’habitation sur une résidence secondaire. Ce choix, une fois activé, s’applique automatiquement d’une année sur l’autre : rien à redemander.

Dans les faits, le paiement est étalé sur dix mensualités, de janvier à octobre. Le calcul se base sur l’impôt de l’année précédente, avec un réajustement possible en novembre ou décembre si l’imposition a augmenté en cours d’année. C’est ce qui explique qu’un prélèvement puisse encore apparaître après octobre sans que cela signale un problème.

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Sur un exemple mesuré en octobre 2025, le montant moyen prélevé au titre de la mensualisation s’élevait à 108,80 € pour environ 13 millions de comptes concernés — un ordre de grandeur qui revient chaque année, pas une échéance à venir. Ce que ça change pour vous : si votre prélèvement se situe dans cette fourchette, le libellé bancaire à rechercher est « DGFiP », « Impôts Locaux » ou « Direction Générale des Finances Publiques ».

Pourquoi le montant varie selon votre logement et votre commune

108 € est une moyenne, pas un tarif fixe. La base de calcul de la taxe foncière est la valeur locative cadastrale du bien, multipliée par le taux voté par la commune et l’intercommunalité — ce qui explique des écarts parfois importants entre deux logements comparables situés dans des villes différentes.

Élément Détail
Base de calcul Valeur locative cadastrale du bien × taux voté par la commune et l’intercommunalité
Écart observé Peut dépasser 200 €/mois dans les grandes métropoles, rester sous 80 €/mois en zone rurale
Évolution 2023 +7,1 %, soit environ +7,50 € d’impact mensuel
Évolution 2024 +3,9 %, soit environ +4,20 € d’impact mensuel
Évolution 2025 (ordre de grandeur) Entre +1,3 % et +1,7 %, soit environ +1,60 € d’impact mensuel

Ces chiffres d’évolution annuelle donnent un ordre de grandeur, pas une donnée officielle certaine : votre taux communal reste la référence à consulter en cas de doute sur le montant exact dû.

Vérifier vous-même l’origine du prélèvement : méthode en 4 étapes

Avant toute inquiétude, une démarche simple permet de lever le doute en quelques minutes.

  • Connectez-vous à votre espace personnel sur impots.gouv.fr et consultez l’échéancier des mensualités.
  • Relevez le libellé exact du prélèvement sur votre relevé bancaire — « DGFiP » ou « Impôts Locaux ».
  • Comparez le montant prélevé à votre avis de taxe foncière reçu : 108 € pour un impôt annuel d’environ 1 080 € est cohérent.
  • En cas de doute persistant, demandez à votre banque la référence du mandat SEPA — les identifiants ICS et RUM — pour identifier précisément le créancier.
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Cette démarche suffit, dans l’immense majorité des cas, à confirmer que le prélèvement est légitime sans avoir à contacter qui que ce soit d’autre.

Signes qui doivent alerter : reconnaître un prélèvement suspect

Un prélèvement de 108 € reste, dans les faits, un montant modéré — mais certaines anomalies méritent une vérification plus poussée avant d’être écartées.

  • Un libellé vague, sans mention DGFiP ni lien identifiable avec un contrat connu.
  • Un montant nettement supérieur à la moyenne, entre 300 et 600 €, sans correspondance avec un impôt ou un contrat.
  • Un prélèvement apparu en novembre ou décembre : ce mois peut correspondre à un réajustement légitime de la mensualisation, mais mérite tout de même une vérification.
  • Un email ou SMS reçu en parallèle, demandant des coordonnées bancaires ou une action urgente — la DGFiP ne contacte jamais ainsi et ne demande jamais ces informations par téléphone, mail ou SMS.

À retenir

  • La DGFiP ne vous demandera jamais vos coordonnées bancaires par mail, SMS ou téléphone. Tout message en ce sens est une tentative de fraude.

Que faire en cas de doute : contester et se faire rembourser

Si la vérification ne suffit pas à lever le doute, la démarche à suivre est précise et encadrée par des délais. Contactez d’abord votre banque pour demander un blocage du prélèvement suspect et obtenir la référence du mandat associé.

Rassemblez ensuite les justificatifs utiles : relevés bancaires, avis d’impôt, copies des messages suspects reçus. Ces éléments accélèrent le traitement de votre demande, que ce soit auprès de votre banque ou d’un autre organisme.

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Les délais de contestation varient selon la situation : 8 semaines si le prélèvement SEPA n’était pas autorisé, 13 mois si aucun mandat n’a jamais été signé, et un signalement dans les 48 heures est recommandé en cas de fraude avérée pour optimiser la prise en charge. Une fraude reconnue est en général remboursée sous 24 à 48 heures, contre jusqu’à 30 jours ouvrés pour une erreur administrative. En dernier recours, vous pouvez signaler la situation à la DGCCRF, à une association comme l’UFC-Que Choisir, ou via le service Signal-Arnaques.

Les autres origines possibles d’un prélèvement de 108 euros

Si le libellé ne mentionne ni la DGFiP ni les impôts locaux, d’autres pistes sont à explorer avant de s’inquiéter.

  • Une cotisation d’assurance habitation ou de mutuelle santé mensualisée.
  • Un abonnement téléphonie ou internet haut de gamme, facturé dans cette fourchette.
  • Une facture d’énergie élevée en période hivernale, prélevée automatiquement.
  • Un achat d’électroménager, de mobilier ou de matériel high-tech payé en plusieurs fois.

Dans tous ces cas, comparer le libellé du relevé aux contrats que vous avez signés suffit généralement à lever le doute rapidement.

La première chose à faire reste donc de vérifier le libellé exact sur votre relevé et de le comparer à votre avis d’imposition ou à vos contrats en cours. Si aucun rapprochement n’est possible malgré ces vérifications, mieux vaut se tourner sans tarder vers votre banque pour obtenir la référence du mandat SEPA.

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Thomas Berland

Thomas Berland accompagne depuis plus de 10 ans des dirigeants de TPE/PME dans leurs prises de décision stratégiques, juridiques et fiscales. Entre entrepreneuriat, restructuration d’entreprise et optimisation financière, il partage sur A2JZ des conseils concrets et des décryptages utiles pour les pros. Son objectif : rendre accessibles les notions complexes du monde business à tous ceux qui veulent entreprendre efficacement.

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