L’essentiel
- Depuis mars 2025, tout salarié en forfait jours réduit peut cotiser à l’Agirc-Arrco sur une base temps plein, sans condition de rémunération.
- Cette possibilité repose sur un accord écrit entre vous et votre employeur : elle n’est jamais automatique.
- La cotisation supplémentaire se calcule sur un ratio jours travaillés / jours d’un temps plein, dans la limite de 8 PASS.
- Le coût est en principe à votre charge, sauf si l’employeur accepte d’en prendre une partie.
Depuis mars 2025, un salarié en forfait jours réduit peut, avec l’accord écrit de son employeur, cotiser à l’Agirc-Arrco sur la base d’un temps plein, même si sa rémunération dépasse 1,7 SMIC. Ce mécanisme de cotisation à temps plein pour le forfait jour réduit à l’Agirc-Arrco découle de la circulaire du 19 mars 2025, qui diffuse l’avenant n°23 signé par les partenaires sociaux.
Concrètement, il permet d’acquérir davantage de points de retraite complémentaire malgré un temps de travail réduit. Dans les faits, cette réforme élargit un dispositif qui existait déjà, mais qui restait jusque-là réservé à une partie seulement des salariés concernés.
Ce que change la réforme de mars 2025
Avant cette réforme, seuls les salariés en forfait jours réduit dont la rémunération n’excédait pas 1,7 SMIC — soit 3 063,06 € brut mensuels au 1er janvier 2025 — pouvaient maintenir leurs cotisations retraite complémentaire sur une base temps plein. Au-delà de ce seuil, la cotisation restait calculée sur le salaire réel, donc réduit à due proportion du temps travaillé.
La circulaire Agirc-Arrco du 19 mars 2025 diffuse l’avenant n°23, signé par les partenaires sociaux lors de la commission paritaire du 18 décembre 2024. Ce texte supprime le plafond de rémunération pour l’accès au dispositif, mais uniquement pour le régime complémentaire.
Ce que ça change pour vous : tous les salariés en forfait jours, et en forfait heures, peuvent désormais demander à cotiser sur une base temps plein, quel que soit leur niveau de rémunération. Ce même seuil de 1,7 SMIC apparaît parfois exprimé en net, autour de 2 425 € mensuels — il s’agit du même montant, pas d’un second plafond distinct.
Qui est concerné par ce dispositif
Ce dispositif s’adresse à un public précis, défini par la nature du contrat plutôt que par le métier ou le secteur.
- Les salariés relevant d’une convention de forfait annuel en jours, par exemple 100, 150 jours, ou tout forfait inférieur à 218 jours par an.
- Les salariés en forfait heures, sur une logique équivalente.
- Les salariés à temps partiel dont la rémunération n’est pas déterminée par un nombre d’heures effectuées.
Une précision utile : le dispositif ne s’applique qu’au régime complémentaire Agirc-Arrco. Le régime de base reste, lui, plafonné à 1,7 SMIC pour ce même mécanisme de cotisation à temps plein — les deux régimes ne suivent donc pas la même règle depuis mars 2025.
Rien ne vous oblige à en faire la demande : la démarche suppose une initiative volontaire de votre part auprès de votre employeur, elle ne s’applique jamais automatiquement.
Comment se calcule la cotisation sur la base d’un temps plein
Le calcul repose sur une formule officielle simple dans son principe : votre rémunération réelle est multipliée par le rapport entre 218 jours (ou le nombre de jours d’un temps plein dans votre entreprise, si celui-ci est inférieur) et le nombre de jours de votre forfait réduit.
Concrètement, un cadre en forfait réduit à 80 %, soit environ 174 jours sur 218, verrait sa rémunération réelle multipliée par le ratio 218/174 pour reconstituer une base de cotisation équivalente à un temps plein. C’est ce chiffre reconstitué, et non votre salaire réel, qui sert de base au calcul des points.
Ce mécanisme n’est pas sans limite : un plafond de cotisation est fixé à 8 PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale). Au-delà, aucun point supplémentaire n’est acquis, quelle que soit votre rémunération. Un chiffre circule parfois évoquant un gain de points de l’ordre de 25 % pour un profil comparable — il ne provient que d’un témoignage isolé, pas d’une donnée officielle, et doit être lu comme une simple illustration, jamais comme un taux garanti.
Les démarches pour en bénéficier
Cette surcotisation ne se déclenche jamais d’elle-même : elle suppose une démarche active de votre part, en plusieurs étapes.
- Vérifiez que votre statut de forfait jours réduit, forfait heures ou temps partiel est bien formalisé, avec le nombre de jours ou d’heures précisé dans votre contrat.
- Obtenez un accord écrit, daté et signé, entre vous et votre employeur — inscrit dans le contrat de travail initial, ou dans un avenant si l’accord intervient plus tard.
- Assurez-vous que cet accord précise la proportion, la durée et les modalités si l’employeur prend en charge une partie du surcoût de cotisation.
- Transmettez l’information à votre service RH ou à votre gestionnaire de paie, et mettez à jour votre espace personnel Agirc-Arrco.
Dans les faits, c’est cet accord écrit qui sécurise l’ensemble de la démarche : sans lui, aucune cotisation sur base temps plein n’est possible, même si vous remplissez toutes les conditions d’éligibilité.
Qui paie la surcotisation, et quel intérêt pour votre retraite
La cotisation supplémentaire porte sur la différence entre le salaire temps plein reconstitué et votre salaire réel. Par défaut, vous en êtes redevable, sauf si un accord de prise en charge par l’employeur a été négocié.
L’essentiel 💡
- Sans accord particulier, la surcotisation reste à votre charge.
- Un accord écrit peut prévoir une prise en charge partielle par l’employeur, avec sa durée et ses modalités précisées.
Le régime Agirc-Arrco fonctionne par points : plus la base de cotisation retenue est élevée, plus le nombre de points acquis dans l’année augmente. Mécaniquement, cela relève le montant futur de votre pension complémentaire. Aucune source ne permet toutefois de chiffrer précisément ce gain en euros à la retraite — retenez le principe, pas un montant : plus de points cotisés aujourd’hui, pension complémentaire plus élevée demain.
Ce que vous pouvez faire en premier, c’est vérifier auprès de votre service RH si votre forfait est éligible et si un accord de ce type a déjà été mis en place dans votre entreprise. Si la formalisation de l’accord ou le partage du coût avec l’employeur pose question, un gestionnaire de paie ou votre caisse Agirc-Arrco reste l’interlocuteur le plus indiqué pour clarifier votre situation.
