Buffalo Grill : redressement judiciaire en Bretagne, restaurants concernés et calendrier

Huit restaurants Buffalo Grill franchisés en Bretagne ont été placés en redressement judiciaire entre novembre 2024 et janvier 2025 par le Tribunal de commerce de Brest. Ces établissements, situés dans le nord de la région, continuent d’accueillir leur clientèle durant la période d’observation. Les candidats repreneurs avaient jusqu’au 9 septembre 2025 pour déposer leurs offres, avec pour objectif prioritaire la préservation des 143 emplois concernés.

L’essentiel en 30 secondes

Huit restaurants Buffalo Grill franchisés en Bretagne (Guilers, Landerneau, Saint-Martin-des-Champs, Lannion, Saint-Agathon, Trégueux, Lamballe-Armor, Bain-de-Bretagne) ont été placés en redressement judiciaire entre novembre 2024 et janvier 2025 par le Tribunal de commerce de Brest. La cessation des paiements a été constatée au 15 juillet 2024. Malgré la procédure, tous les établissements restent ouverts durant la période d’observation. Les repreneurs potentiels devaient déposer leurs offres avant le 9 septembre 2025, date d’échéance fixée pour examiner les solutions de reprise et sauvegarder les 143 emplois.

Quels restaurants sont concernés et par quel tribunal ?

Les huit restaurants franchisés concernés par la procédure sont tous situés dans le nord de la Bretagne, répartis entre le Finistère, les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine. Tous sont gérés par une direction commune, sous la responsabilité de Marie-Aude Naze, gérante des établissements. Le Tribunal de commerce de Brest assure la supervision de l’ensemble de la procédure, avec la nomination d’un administrateur judiciaire chargé d’accompagner la recherche de repreneurs.

La procédure s’est déroulée en deux vagues : le restaurant de Landerneau a été le premier placé en redressement judiciaire en novembre 2024, suivi par les sept autres établissements entre janvier et février 2025. La date de cessation des paiements a été fixée au 15 juillet 2024 pour l’ensemble des sites, signe d’une situation financière dégradée depuis plusieurs mois avant la saisine du tribunal.

VilleDépartementDate RJEmplois estimésSituation financière
LanderneauFinistère (29)Novembre 202420Comptes fragilisés
GuilersFinistère (29)07/01/202520Comptes fragilisés
Saint-Martin-des-ChampsFinistère (29)07/01/202520Comptes fragilisés
LannionCôtes-d’Armor (22)15/01/202518-20Comptes fragilisés
Saint-AgathonCôtes-d’Armor (22)15/01/202518-20Comptes fragilisés
TrégueuxCôtes-d’Armor (22)15/01/202518-20Comptes fragilisés
Lamballe-ArmorCôtes-d’Armor (22)15/01/202518-20Comptes fragilisés
Bain-de-BretagneIlle-et-Vilaine (35)Janvier 202515-18Résultat net positif (juin 2024)

Il est important de noter que seul l’établissement de Bain-de-Bretagne affichait un résultat net positif au 30 juin 2024, ce qui le distingue des sept autres sites en difficulté financière structurelle. Ce restaurant bénéficie donc d’une situation plus favorable pour séduire un repreneur.

Pourquoi ces restaurants ont été placés en redressement judiciaire ?

Le placement en redressement judiciaire de ces huit établissements s’inscrit dans un contexte sectoriel difficile pour la restauration traditionnelle en France. Plusieurs facteurs concomitants expliquent cette situation, sans qu’il s’agisse d’une mise en redressement de l’enseigne Buffalo Grill au niveau national. Ces difficultés concernent uniquement des restaurants franchisés bretons gérés par une même direction, et non le groupe Buffalo Grill lui-même.

Depuis la crise sanitaire, le secteur de la restauration fait face à une baisse de fréquentation dans certaines zones géographiques, notamment en périphérie urbaine où se situent souvent les enseignes de restauration à thème. Les habitudes de consommation ont évolué, avec une montée en puissance de la livraison à domicile et une concurrence accrue des concepts de restauration rapide ou des néo-bistrots.

Les coûts d’exploitation ont également explosé ces dernières années. L’énergie, les matières premières alimentaires et les charges salariales pèsent lourdement sur les marges opérationnelles. Pour des établissements de restauration traditionnelle à forte intensité de main-d’œuvre, ces augmentations de coûts sont difficiles à répercuter sur les prix sans perdre de clientèle. Le modèle économique, fondé sur des volumes importants et des tickets moyens modérés, devient fragile dès que la fréquentation faiblit.

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Enfin, le modèle de la franchise implique que chaque franchisé assume ses propres risques financiers. Si l’enseigne Buffalo Grill fournit une marque, un concept et un accompagnement marketing, elle ne garantit pas la rentabilité opérationnelle de chaque site. Les difficultés financières de ces huit restaurants bretons relèvent donc d’une gestion locale confrontée à un environnement économique défavorable, et non d’un problème structurel de l’enseigne au niveau national.

Calendrier de la procédure et dépôt d’offres

Le calendrier judiciaire s’est déroulé sur près d’un an, depuis les premières difficultés constatées en juillet 2024 jusqu’à l’échéance du dépôt des offres en septembre 2025. Chaque étape a permis d’affiner les conditions de reprise et d’évaluer la solidité des candidats.

  • 15 juillet 2024 : Date de cessation des paiements constatée par le Tribunal de commerce de Brest pour l’ensemble des huit établissements. Les sociétés exploitantes ne sont plus en mesure de faire face à leur passif exigible avec leur actif disponible.
  • Novembre 2024 : Ouverture de la procédure de redressement judiciaire pour le restaurant de Landerneau, premier établissement concerné. Nomination d’un administrateur judiciaire et début de la période d’observation.
  • 7 janvier 2025 : Placement en redressement judiciaire des restaurants de Guilers et Saint-Martin-des-Champs (Finistère) par le Tribunal de commerce de Brest.
  • 15 janvier 2025 : Placement en redressement judiciaire des quatre restaurants des Côtes-d’Armor (Lannion, Saint-Agathon, Trégueux, Lamballe-Armor) ainsi que celui de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Tous les établissements sont désormais sous procédure collective, gérés par le même administrateur judiciaire.
  • Janvier–août 2025 : Période d’observation. Les restaurants continuent d’accueillir leur clientèle normalement, sous le contrôle de l’administrateur judiciaire. Appel à candidatures pour la reprise des établissements, avec examen des projets et audits préalables.
  • 9 septembre 2025 : Date limite de dépôt des offres de reprise auprès de l’administrateur judiciaire. Les candidats doivent présenter un dossier complet précisant leurs capacités financières, leur projet d’exploitation et leurs engagements en matière de préservation de l’emploi.
  • Septembre–octobre 2025 : Examen des offres par l’administrateur judiciaire et le Tribunal de commerce de Brest. Les critères d’évaluation privilégient la sauvegarde des emplois, la viabilité économique du projet, le remboursement des créanciers et la pérennité de l’activité sur le territoire.
  • Automne 2025 : Audiences au Tribunal de commerce de Brest pour statuer sur les offres retenues. Homologation du ou des plans de cession, avec désignation des repreneurs pour chaque site ou pour l’ensemble du parc. Annonce des décisions finales et mise en œuvre opérationnelle de la reprise.

📅 Dates à retenir

  • 15 juillet 2024 : cessation des paiements
  • Novembre 2024 – janvier 2025 : placements en redressement judiciaire
  • 9 septembre 2025 : échéance de dépôt des offres
  • Automne 2025 : audiences et décisions finales du Tribunal

Scénarios de reprise et continuité de service

Trois scénarios principaux sont envisagés pour assurer la reprise des établissements et garantir la continuité de l’activité. Chaque option présente des avantages spécifiques en termes de préservation de l’emploi, de viabilité économique et de continuité de service pour les clients.

Reprise par un franchisé agréé du réseau Buffalo Grill

La première voie consiste en une reprise par un franchisé déjà intégré au réseau Buffalo Grill. Ce scénario offre plusieurs garanties : le repreneur connaît le concept, les standards de qualité et les processus opérationnels de l’enseigne. Il bénéficie également de l’accompagnement du franchiseur et de la notoriété de la marque, facilitant la relance commerciale. Pour les salariés, cette solution assure une transition en douceur, avec maintien de l’identité du fonds de commerce et des équipes en place.

Selon la presse locale, la gérante actuelle des établissements, Marie-Aude Naze, pourrait elle-même se porter candidate à la reprise de certains sites, ce qui rassurerait les équipes et les créanciers sur la continuité de gestion.

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Rachat direct par la maison-mère Buffalo Grill

Une deuxième option serait un rachat direct par le groupe Buffalo Grill, qui exploiterait alors ces restaurants en propre plutôt qu’en franchise. Cette solution apporterait un soutien financier et logistique conséquent, permettant de stabiliser rapidement la situation économique. Elle enverrait également un signal fort de confiance aux salariés et aux clients, tout en consolidant la présence de l’enseigne en Bretagne.

Toutefois, cette voie impliquerait une transformation du modèle d’exploitation, avec intégration des sites dans le périmètre opérationnel du groupe et potentiellement des ajustements organisationnels pour aligner les pratiques sur celles des restaurants en gestion directe.

Reprise par un tiers extérieur ou changement d’enseigne

Enfin, un tiers extérieur pourrait se porter acquéreur des fonds de commerce pour les exploiter sous une autre enseigne ou avec un concept différent. Cette option comporte davantage d’incertitudes pour les salariés, car elle peut entraîner des modifications des contrats de travail, des formations à de nouveaux standards et une renégociation des baux commerciaux.

Néanmoins, elle peut aussi représenter une opportunité de transformation et de modernisation de l’offre de restauration locale, à condition que le repreneur présente un projet économique solide et des garanties d’emploi suffisantes pour convaincre le Tribunal.

✅ Rassurance clients et équipes

Les huit restaurants restent ouverts pendant toute la période d’observation. Vous pouvez continuer à réserver, à vous rendre dans votre établissement habituel et à profiter du service comme à l’accoutumée.

Les équipes sont maintenues en poste durant la procédure. Les salariés bénéficient de la protection du droit du travail et des garanties salariales via l’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés).

Les cartes cadeaux et programmes de fidélité restent valables. En cas de changement de repreneur, les modalités de transfert ou de remboursement seront précisées par l’administrateur judiciaire.

Impact local : emplois, fournisseurs, clients

Au total, 143 emplois sont directement concernés par cette procédure collective, répartis sur les huit établissements bretons. Le Finistère compte environ 60 emplois (Landerneau, Guilers, Saint-Martin-des-Champs), les Côtes-d’Armor environ 75 emplois (Lannion, Saint-Agathon, Trégueux, Lamballe-Armor), et l’Ille-et-Vilaine entre 15 et 18 emplois (Bain-de-Bretagne).

Ces postes recouvrent l’ensemble des métiers de la restauration : cuisiniers, serveurs, chefs de rang, plongeurs, responsables de salle et personnel administratif. Pour beaucoup de salariés, ces emplois représentent des CDI stables dans des zones où l’offre d’emploi en restauration peut être limitée. La préservation de ces postes constitue donc un enjeu social majeur pour le territoire, au-delà de la simple dimension économique.

Les fournisseurs locaux et régionaux sont également impactés. Durant la période d’observation, les dettes antérieures sont gelées, mais les livraisons se poursuivent contre paiement comptant. Les fournisseurs de viande, de légumes, de boissons et les prestataires de services (entretien, maintenance, blanchisserie) suivent de près l’issue de la procédure, car elle déterminera le désintéressement de leurs créances antérieures et la pérennité de leurs contrats commerciaux.

Pour les clients, la continuité de service est assurée pendant toute la durée de la procédure. Les huit restaurants maintiennent leurs horaires d’ouverture habituels, proposent leur carte complète et honorent les réservations. Les habitués peuvent donc continuer à fréquenter leur établissement sans changement notable, hormis l’incertitude sur l’identité future du repreneur.

❓ Questions pratiques pendant la procédure

Les horaires d’ouverture changent-ils ?
Non, les huit restaurants conservent leurs horaires habituels durant la période d’observation. Vous pouvez vérifier les horaires sur le site officiel Buffalo Grill ou appeler directement votre restaurant.

Puis-je réserver comme avant ?
Oui, les réservations sont acceptées normalement. La procédure n’impacte pas le service quotidien.

Mes cartes cadeaux sont-elles toujours valables ?
Oui, les cartes cadeaux Buffalo Grill restent valables dans tous les restaurants du réseau, y compris ceux en redressement judiciaire. En cas de changement de repreneur, les modalités seront précisées.

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Mon programme de fidélité est-il maintenu ?
Oui, votre compte fidélité Buffalo Grill reste actif. Les points accumulés sont conservés et utilisables dans l’ensemble du réseau.

FAQ

Buffalo Grill est-il en redressement judiciaire ?

Non, l’enseigne Buffalo Grill au niveau national n’est pas en redressement judiciaire. Seuls huit restaurants franchisés situés en Bretagne (Guilers, Landerneau, Saint-Martin-des-Champs, Lannion, Saint-Agathon, Trégueux, Lamballe-Armor, Bain-de-Bretagne) ont été placés en redressement judiciaire entre novembre 2024 et janvier 2025. Ces établissements sont gérés par une direction commune distincte du groupe Buffalo Grill. Les 318 autres restaurants du réseau continuent leur activité normalement.

Combien de restaurants Buffalo Grill sont concernés en Bretagne ?

Huit restaurants franchisés sont concernés : trois dans le Finistère (Landerneau, Guilers, Saint-Martin-des-Champs), quatre dans les Côtes-d’Armor (Lannion, Saint-Agathon, Trégueux, Lamballe-Armor) et un en Ille-et-Vilaine (Bain-de-Bretagne). Tous ont été placés en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Brest, avec une cessation des paiements constatée au 15 juillet 2024.

Ces restaurants restent-ils ouverts pendant la procédure ?

Oui, les huit établissements continuent d’accueillir leur clientèle normalement durant toute la période d’observation. Redressement judiciaire ne signifie pas fermeture immédiate : il s’agit d’une procédure permettant aux entreprises en cessation des paiements de rechercher des solutions de reprise ou de redressement sous contrôle judiciaire. Les restaurants maintiennent leurs horaires, leur carte et leurs services habituels.

Quelles sont les dates clés et quelle juridiction supervise la procédure ?

Les dates clés sont : 15 juillet 2024 (cessation des paiements), novembre 2024 (placement en RJ du restaurant de Landerneau), 7 janvier 2025 (Guilers et Saint-Martin-des-Champs), 15 janvier 2025 (quatre restaurants des Côtes-d’Armor et Bain-de-Bretagne), 9 septembre 2025 (échéance de dépôt des offres). Le Tribunal de commerce de Brest assure la supervision de l’ensemble de la procédure, avec nomination d’un administrateur judiciaire pour accompagner la recherche de repreneurs.

Qui peut reprendre ces restaurants Buffalo Grill ?

Trois types de repreneurs sont envisagés : un franchisé agréé du réseau Buffalo Grill, qui conserverait l’enseigne et le concept ; le groupe Buffalo Grill lui-même, qui rachèterait les sites pour les exploiter en gestion directe ; ou un tiers extérieur, qui pourrait transformer le concept ou changer d’enseigne. Le Tribunal privilégiera l’offre garantissant au mieux la sauvegarde des 143 emplois, la viabilité économique et le remboursement des créanciers.

Sources et suivi

Pour suivre l’évolution de cette procédure et obtenir des informations actualisées, plusieurs sources fiables sont à consulter régulièrement. La presse régionale bretonne, notamment Ouest-France et Le Télégramme, publie des articles détaillés sur chaque étape de la procédure, avec des interviews d’élus locaux, de représentants syndicaux et de l’administrateur judiciaire. Ces médias locaux disposent d’une proximité avec le terrain qui garantit une information de première main.

Le Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC) référence l’ensemble des jugements, avis et décisions du Tribunal de commerce de Brest concernant ces huit établissements. Vous pouvez y consulter gratuitement les annonces légales, les dates d’audience et les nominations d’organes de procédure. Le BODACC est accessible en ligne sur le site officiel du gouvernement.

Le Greffe du Tribunal de commerce de Brest permet de consulter les dossiers de procédure collective et d’obtenir des copies de jugements. Les créanciers et parties intéressées peuvent y suivre l’avancement des opérations de cession et les convocations aux assemblées de créanciers.

Enfin, les communications officielles locales (mairies, communautés de communes, agences de développement économique) relaient parfois des informations sur les impacts territoriaux de la procédure et les perspectives de reprise. Ces acteurs publics suivent de près les dossiers impliquant des enjeux d’emploi significatifs sur leur territoire.

Je vous recommande de vérifier régulièrement ces sources après l’échéance du 9 septembre 2025, date à laquelle les offres de reprise auront été déposées, et lors des audiences prévues à l’automne 2025. Ces étapes marqueront des jalons décisifs pour l’avenir des huit établissements et de leurs 143 salariés. En cas de doute ou pour des questions spécifiques concernant un restaurant en particulier, n’hésitez pas à contacter directement l’administrateur judiciaire désigné par le Tribunal de commerce de Brest.

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Thomas Berland

Thomas Berland accompagne depuis plus de 10 ans des dirigeants de TPE/PME dans leurs prises de décision stratégiques, juridiques et fiscales. Entre entrepreneuriat, restructuration d’entreprise et optimisation financière, il partage sur A2JZ des conseils concrets et des décryptages utiles pour les pros. Son objectif : rendre accessibles les notions complexes du monde business à tous ceux qui veulent entreprendre efficacement.

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