Défaillance entreprise Ille-et-Vilaine : chiffres, secteurs touchés et procédures en cours

L’essentiel 📋

  • 2 705 procédures collectives publiées au BODACC en Ille-et-Vilaine sur les douze derniers mois
  • 832 liquidations judiciaires, 406 redressements et 50 sauvegardes sur cette période
  • 1 501 entreprises actuellement en procédure collective dans le département
  • BTP et restauration figurent parmi les secteurs les plus représentés
  • Le tribunal de commerce de Rennes traite la majorité des dossiers

En Ille-et-Vilaine, 2 705 procédures collectives ont été publiées au BODACC sur les douze derniers mois, dont 832 liquidations judiciaires, 406 redressements et 50 sauvegardes. Si vous suivez la défaillance d’entreprise en Ille-et-Vilaine, ces publications passent par le tribunal de commerce de Rennes ou celui de Saint-Malo selon la localisation du siège social.

Concrètement, une procédure collective désigne l’ensemble des dispositifs juridiques encadrant une entreprise qui ne peut plus faire face à ses dettes, ou qui anticipe cette difficulté. Ce dossier vous donne les chiffres à jour, la différence entre les trois procédures, les secteurs les plus touchés et des exemples récents pour comprendre ce qui se joue derrière ces publications.

Combien d’entreprises sont en défaillance en Ille-et-Vilaine ?

Deux chiffres circulent sur le sujet, et il ne faut pas les confondre. D’un côté, le flux annuel : 2 705 procédures collectives ont été publiées au BODACC sur les douze derniers mois glissants dans le département. De l’autre, le stock : 1 501 entreprises sont recensées comme actuellement concernées par une procédure en cours. Ce n’est pas la même mesure — l’un compte les ouvertures sur un an, l’autre prend une photo à l’instant présent.

Indicateur Valeur
Procédures publiées (12 mois) 2 705
Liquidations judiciaires 832 (31 %)
Redressements judiciaires 406 (15 %)
Sauvegardes 50 (2 %)
Entreprises actuellement en procédure (stock) 1 501
Évolution sur 6 mois -9 %

Sur les six derniers mois, l’activité contentieuse recule de 9 % par rapport au semestre précédent. Un mot de prudence toutefois : ces chiffres BODACC peuvent différer légèrement des statistiques définitives établies ensuite par les greffes, en raison du délai de transmission entre l’ouverture d’une procédure et sa publication.

Sauvegarde, redressement, liquidation judiciaire : les trois procédures collectives

Ces trois termes reviennent sans cesse dans les publications BODACC, mais ils recouvrent des situations très différentes.

  • La sauvegarde : l’entreprise n’est pas encore en cessation de paiements, mais rencontre des difficultés qu’elle ne peut résoudre seule. Elle demande elle-même une protection préventive. C’est la procédure la plus rare : 50 cas sur les douze derniers mois, soit 2 % du total.
  • Le redressement judiciaire : l’entreprise est en cessation de paiements, mais la poursuite de son activité est jugée possible. Un administrateur et un mandataire judiciaire sont désignés pour l’accompagner. Les créanciers doivent déclarer leur créance dans les deux mois suivant la publication au BODACC.
  • La liquidation judiciaire : la poursuite d’activité est jugée impossible. Un liquidateur est désigné pour réaliser les actifs de l’entreprise et payer les créanciers ; la mission d’un éventuel administrateur déjà en place prend fin.
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Une liquidation peut être prononcée dès l’ouverture de la procédure, ou résulter de la conversion d’un redressement qui n’a pas abouti. Les deux cas de figure se retrouvent dans les exemples concrets présentés plus bas.

Quels secteurs sont les plus touchés en Ille-et-Vilaine ?

Avant de détailler les secteurs, une précision utile : une partie des cas recensés (141 sur les douze derniers mois) apparaît sous l’étiquette « secteur non précisé ». Il s’agit d’une case administrative du recensement, faute de code d’activité détaillé associé à la publication — pas d’un secteur économique à part entière, ni d’une catégorie mystérieuse à surveiller en tant que telle.

Secteur « non précisé »

141 cas recensés sur douze mois relèvent de cette catégorie administrative du BODACC, sans code d’activité détaillé permettant de les rattacher à un secteur réel. Ils ne doivent pas être interprétés comme un secteur économique en soi.

Restauration traditionnelle

Avec 50 cas sur douze mois, la restauration traditionnelle est le deuxième secteur le plus représenté. Les publications BODACC récentes en donnent une illustration concrète : plusieurs enseignes de restauration rapide à Guichen, Laillé, Bain-de-Bretagne et Janzé ont été placées en redressement judiciaire le 29 juillet 2026, avec une cessation des paiements fixée au 15 juillet 2026, devant le tribunal de commerce de Nantes.

Maçonnerie

La maçonnerie compte 41 cas sur la même période. Parmi les exemples récents : une entreprise de gros œuvre à Dinard, en redressement (cessation des paiements au 31 mai 2026), et une autre à Rennes, en liquidation judiciaire (cessation des paiements au 22 décembre 2024).

BTP au sens large

Au-delà de la seule maçonnerie, 292 entreprises du BTP sont actuellement en procédure collective en Ille-et-Vilaine, en réunissant gros œuvre, plâtrerie, peinture, menuiserie et promotion immobilière. Ce chiffre ne se cumule pas avec les 41 cas de maçonnerie évoqués plus haut : la maçonnerie n’en est qu’un sous-métier.

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Défaillances récentes en Ille-et-Vilaine : exemples concrets

Les exemples ci-dessous forment un échantillon des publications BODACC les plus récentes disponibles — pas un recensement exhaustif de toutes les défaillances du département.

Cesson-Sévigné — société holding

Liquidation judiciaire prononcée par conversion le 5 août 2026, devant le tribunal de commerce de Rennes. Liquidateur désigné : Me Charlotte Thirion (SELARL Athena).

La Chapelle-des-Fougeretz — promotion immobilière

Liquidation judiciaire ouverte le 31 juillet 2026, cessation des paiements fixée au 22 juin 2026, tribunal de commerce de Rennes. Liquidateur désigné : Me Sarah Rodier (SELARL Lex Mj).

Rennes — nettoyage courant des bâtiments

Redressement judiciaire ouvert le 23 juillet 2026, cessation des paiements au 6 juillet 2026. Particularité : le dossier est traité par le tribunal des activités économiques de Versailles, le siège social ayant été transféré hors d’Ille-et-Vilaine au moment du jugement.

Cesson-Sévigné — programmation informatique

Liquidation judiciaire par conversion le 22 juillet 2026, tribunal de commerce de Rennes, avec un maintien d’activité autorisé jusqu’au 1er août 2026.

Saint-Malo — centre de culture physique

Liquidation judiciaire ouverte le 21 juillet 2026, cessation des paiements au 30 juin 2026, tribunal de commerce de Saint-Malo. Liquidateur désigné : Me Bruno David (SELARL Praxis).

Quel tribunal traite les procédures collectives en Ille-et-Vilaine ?

Deux juridictions consulaires se partagent le département. Le tribunal de commerce de Rennes traite la majorité des dossiers, comme le montrent plusieurs exemples ci-dessus : Cesson-Sévigné, La Chapelle-des-Fougeretz, mais aussi Betton, Le Rheu ou Bruz selon les publications. Le tribunal de commerce de Saint-Malo couvre pour sa part la zone de Saint-Malo et Dinard.

Dans certains cas, un dossier d’entreprise implantée en Ille-et-Vilaine est finalement traité par une autre juridiction — Nantes, ou le tribunal des activités économiques de Versailles, comme dans l’exemple rennais cité plus haut. Cela ne signale aucune erreur de recensement : la compétence suit le siège social au moment de l’ouverture de la procédure, pas nécessairement le lieu réel de l’activité.

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Comment consulter les procédures collectives d’une entreprise ?

Si vous cherchez la situation d’une entreprise précise, plusieurs sources sont à votre disposition.

  • Le BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) est la source officielle, alimentée directement par les greffes des tribunaux de commerce.
  • Des annuaires comme doctrine.fr republient ces annonces classées par département et par secteur, avec le numéro SIREN de l’entreprise concernée, ce qui permet une recherche par nom.
  • Des sites spécialisés comme procedures-collectives.com proposent un suivi statistique en temps réel par département.
  • Pour une annonce légale classique (constitution, dissolution, transfert de siège), la préfecture d’Ille-et-Vilaine, à Rennes, habilite des titres comme Ouest-France, Actu.fr ou 7jours.fr — ces publications n’ont pas le même objet qu’une procédure collective, il convient de ne pas les confondre.

Quelles conséquences pour les salariés, créanciers et fournisseurs ?

En liquidation judiciaire, les salariés sont généralement licenciés dans le cadre de la procédure, sauf reprise partielle d’activité — c’est le cas observé pour la société de programmation informatique de Cesson-Sévigné, dont le maintien d’activité a été autorisé jusqu’à une date fixée par le tribunal.

L’essentiel

  • Les créanciers disposent de deux mois à compter de la publication au BODACC pour déclarer leur créance
  • La déclaration se fait auprès du mandataire ou du liquidateur, ou via le portail électronique prévu par les articles L.814-2 et L.814-13 du code de commerce
  • Ce délai ne se prolonge pas : mieux vaut agir dès la publication connue

Rien ne vous oblige à attendre une relance pour agir si vous êtes fournisseur ou prestataire d’une entreprise concernée : dans les faits, une déclaration tardive complique la suite. En redressement judiciaire réussi, l’entreprise poursuit son activité sous plan — plusieurs jugements de plan de redressement récents relevés dans les sources concernent par exemple des sociétés de services à la personne, de livraison de repas ou de transport de marchandises.

Si vous êtes concerné par une défaillance en cours, ce qu’il faut faire en premier, c’est déclarer votre créance dans le délai imparti ou vérifier la situation exacte de l’entreprise via le BODACC. Au-delà d’une simple vérification, dès que le dossier touche vos propres intérêts financiers, un accompagnement par un professionnel du droit devient utile pour ne rien manquer.

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Thomas Berland

Thomas Berland accompagne depuis plus de 10 ans des dirigeants de TPE/PME dans leurs prises de décision stratégiques, juridiques et fiscales. Entre entrepreneuriat, restructuration d’entreprise et optimisation financière, il partage sur A2JZ des conseils concrets et des décryptages utiles pour les pros. Son objectif : rendre accessibles les notions complexes du monde business à tous ceux qui veulent entreprendre efficacement.

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